…un peu de pour tous les jours…

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ce matin , dimanche matin, dans la maison d’alfée…
nous regardions ensemble cette vidéo, écoutions…

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quel dommage de s’adresser ainsi aux seuls chevaliers…

quel mot permettrait de rassembler hommes et femmes, filles et garçons, les êtres humains en général ?

« être humain »…?

être humain…?

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nous regardions ensemble cette vidéo, écoutions…

et la petite discussion qui s’ensuivit…
ce que nous en retenions, ce que nous adapterions, ce que nous adopterions…

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Hum Toks & E.5131

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tu as reconnu les Accords Toltèques…? 😉

Massoud par Reza
Massoud par Reza

…un peu du fleuve Alphée…

île de Folegrandros, F. Le Diascorn
île de Folegrandros, F. Le Diascorn

Ἀλφειός…

Alféo est son nouveau nom. Il continue à serpenter longtemps au Péloponnèse.

Il y avait en Sicile (oh), dans une île (tiens c’est étrange) à Syracuse (j’aimerais tant voir), une fontaine sacrée, elle ne s’appelait pas Désirée mais tout comme, il y avait un fleuve un dieu fleuve amoureux, on dit que leurs eaux se mêlent, on raconte que de la Sicile à la Grèce un tunnel est creusé dans les entrailles de la mer, on murmure que des fleurs poussent venues de Grèce et qu’un morceau de bois jeté dans l’Alphée en Elide réapparaît dans la source d’Aréthuse en Sicile.

Les eaux du fleuve ont permis à Heraclès d’assainir les écuries d’Augias : quelques brèches dans le mur d’enceinte, dévier le cours, et à l’aide du tumulte : continuer le travail.

Il y avait dans notre recherche pour choisir le nom de notre maison une volonté d’y adjoindre beaucoup de bleu et de soleil, nos racines profondes et un peu de sens. Le fleuve n’est pas le seul. Mais on avait trouvé l’accord. Celui qui pouvait émerger de notre cosmogonie personnelle de 2003.

Oui. Alfée pouvait émerger. Comme l’île surgie du chaos.

Coucher de Soleil sur Santorin, F. Le Diascorn
Coucher de Soleil sur Santorin, F. Le Diascorn

Vous venez ?

…un peu de pulse…

© Olivier Seignette
© Olivier Seignette

Garde ta pulse, trouve ton battement, régulier avance, marche. Dans la maison d’alfée, dimanche. Un dimanche comme un lendemain. Un lendemain de dernier jour. Un dimanche comme un veille. Demain, la maison d’alfée souffle ses deux bougies. Deux ans d’un peu, de partage, de chronique, de marche, de 1+1+1+, de musique, d’art, d’enfance. Deux ans de bleu. Et d’amis. Demain, et le jour d’après, nous continuerons à marcher. Droit devant. Jonas un peu sous l’eau, pliant dans les vents contraires, mais on sait, on a l’habitude, on n’a pas peur. Un pas puis un autre, on marche. Garde ta pulse camarade. Joue avec, et retombe sur tes pieds, le bras fier. On avance. Nouveau chapitre d’alfée, elle veille. Lumière allumée, toujours en alerte. Le long terme est l’allure. Le mouvement est la vie. On marche même lorsque personne n’y croit. Le Pôle Handicap du CMA 19 ferme dans sa forme mise en place depuis la rentrée de septembre 2010. La Ville n’a pas souhaité l’institutionnaliser, pour une nouvelle direction il est devenu un « projet personnel ». Ce qui signifie que si la personne s’en va, le Pôle ferme. Soit. Fermons. Dans la maison d’alfée, si on te ferme une porte, tu cherches la fenêtre. Et tu trouves. Vous venez ?

…un peu de je suis…

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ce matin, dimanche après-midi, mercredi 11H30 (ou dimanche encore
encore plus tard…)

ou mercredi 12H21, mercredi… au moment où chacun, chacun son moment, apprend que ceux qu’on a suivis de près de loin, dans le doute, la crainte, le soutien ou le reproche, ont été assassinés

dans la maison d’alfée

on se dit : « oh, le dimanche 4… ou jusqu’au 7 au matin, c’eut été trop facile… »
on se dit aussi parfois qu’un « bonne année ! » bien envoyé (et dans les temps) sauve des vies… une vie, au moins… un sourire ici vers celle

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je suis dirge, je suis death, je suis un morceau à la portée de tous, je suis un chant funèbre, je suis une petite mélodie que je peux

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je n’ai pas écrit un mot véritablement depuis le 7

je m’aperçois de cela aujourd’hui… la barbe a poussé, le temps de reprendre pied, de passer la tête par-dessus l’eau, Jonas à mon tour, même si les occupations ne manquent pas, que les tâches s’accumulent, qu’il faut faire face au quotidien, aux grandes choses comme aux petites…

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et puis aujourd’hui, on est mercredi 12H21, deux semaines plus tard…
deux semaines, te rends-tu compte ? as-tu vu le temps passer ?
oui, pour certain-e-s, il s’est arrêté…
d’ailleurs, beaucoup parlent d’avant d’après…
il s’agira de savoir pourquoi, comment, où…

de nous réunir…

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je suis, je ne suis pas, je suis autre, ou encore… le silence. il y eut aussi tous les je suis identiques, les tout à fait opposés à l’idée d’être identiques, tout en scrutant le même horizon. à chacun sa manière…
elle est peut-être là, la liberté
la liberté de fabriquer le ensemble, avec les différences

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qu’il faille tous être des je suis identiques ou des je suis chacun dans sa spécificité, il était essentiel de prendre la mesure… d’où ? pourquoi ? comment ? et puis, la suite…? dehors, là-bas, avec les autres, au milieu d’eux…? y être sans se perdre ni dans la masse, ni dans les stratégies, y être pour soi, avec les siens, c’était chose possible

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je suis dirge, je suis death, je suis un morceau à la portée de tous, je suis un chant funèbre, je suis une petite mélodie que je peux siffler, chanter, avec des lalala lalala lalala, qui m’accompagneraient tout au long de la semaine, des semaines à venir, des mois, plus encore, pour les accompagner, eux, elles, toutes les victimes… de l’intolérance, de la loi du plus fort, de la foi du plus fort, quelle qu’elle soit, ici, ailleurs, du retour à la sauvagerie… oui, ils portent aussi le costard-cravate… je suis le moment d’après qui, figé, cherche à reprendre vie, resitue les priorités, rend la clairvoyance, le peu d’esprit critique nécessaire à la cervelle, à l’œil, qu’on a voulu faire taire, paralyser

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en quelques secondes, la porte côté conducteur qui claque à quelques centimètres du genou gauche, un grand souffle en sortant du boulot, à poser le sac au petit triangle rouge sur le siège passager, les clés de la maison et celle du travail sur le même trousseau posées sous le cendrier rempli de petites pièces pour le pain, les horodateurs, à tourner le bouton qui allume la radio, laisse percer le son (voix masculine, féminine ? plus aucune idée…) : deux morts, Charlie, rafales, attentat, des morts, deux hommes, un feu rouge, dix morts, Charlie Hebdo, le boulevard qui monte, l’équipe de Charlie Hebdo, le virage à gauche, encore à gauche, encore un feu, douze morts, le copain devant son écran : « t’as vu ?!!! »

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les lois, les règles, et les libertés. du bon dosage souhaité, des équilibres incertains, jusqu’au moment où…

il faudra choisir son camp, camarade…

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toi qui soutiens les nouveaux discours, happé par la stratégie du choc, as-tu relu Matin Brun de Franck Pavloff ?

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deux caricatures en tête (la réflexion est redessinée…) :

— ce dessinateur qui demande à son rédac chef s’il peut dessiner un chat… l’autre rechigne : « le chat était un animal sacré il y a des siècles, alors, tu sais, il faut faire attention… ». le dessinateur, après un long moment de silence, lui demande alors s’il peut dessiner… une laitue…?

— un gros engin de chantier, un peu militaire, genre pelleteuse ou tractopelle arborant une banderole « patriot act » ou disons « lois liberticides au nom de la sécurité » qui fout en l’air tous les manifestants « je suis Charlie »… pour garantir la liberté, au nom de la sécurité ?

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je suis dirge, je suis death, je suis un morceau à la portée de tous, je suis un chant funèbre, je suis une petite mélodie que je peux…

je suis celui qui écrit : «  je n’accompagnerai pas celles et ceux qui voudront enfermer la liberté dans une cage pour la protéger… » E.5131.

belle année à toi, à vous, à nous toutes, nous tous…

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Hum Toks & E.5131

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« Dirge », Death in Vegas

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"art is resistance"
« art is resistance »

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…un peu de agir ou…

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ce matin, dimanche matin…

les réseaux bruissent

l’autorité joue de la concurrence sur les ondes

nous avons peut-être atteint le point de non-retour…

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acteurs, agissants, nous ferons ce que nous pourrons…

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les mots d’ordre sont :

« nous n’avons pas d’autre choix que la résistance : c’est agir ou disparaître… »

« résister, c’est créer ; créer, c’est résister… »

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Hum Toks & E.5131

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Appel du Conseil National de la Résistance

Sonic Area, « nous n’avons pas d’autre choix… »

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"art is resistance"
« art is resistance »

…un peu de nos histoires…

Ce vendredi dans la maison d’alfée, nous sommes contents de vous présenter (enfin, oui !) les trois productions principales de la compagnie.
Histoire de reprendre notre histoire là où elle s’était reposée, un temps.

Un bâton de pèlerin, des envies, quelques fiertés aussi.

Oui. C’est vrai.

Parce que un pas puis un pas, voilà. Vous savez la suite.

Vous venez ?

Dors,
Dors,

…un peu d’urgence…

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ce matin, dimanche matin, dans la maison d’alfée

nous entendons celui-là

nous entendons celle-ci…

mais…

nous ne pouvons nous y résoudre

ne pouvons valider aucune des réponses « qu’on » nous souffle…

(comme pour mieux éteindre les braises…)

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nous pensons… et agissons

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le meilleur moyen de vivre le mieux possible dans le monde tel qu’il est..?

l’affronter, le modifier, le bouleverser, le transformer, le changer…

/ « art is resistance » /

tu viens ? tu nous rejoins…?

Hum Toks & E.5131 (pour la maison d’alfée…)

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Sonic Area « Nous n’avons pas d’autre choix »…

(hommage à Margaret « there is no alternative » Thatcher)

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"art is resistance"
« art is resistance »

…un peu de marche, encore

Image

(c) A. E.

Hier, nous avons marché.

Dans les couloirs, les escaliers, les étages, entre les pianos, les harpes, les clarinettes et les percussions.

Marché debout pour accueillir, courbé pour saluer, assis pour jouer

Ostinato de petits gestes, 1+1+1+…, tempo marcato, sostenuto, lento, plusieurs mouvements

La marche toujours.

Le rythme de la maison d’alfée, depuis maintenant dix ans, les pas qui ne se voient pas, ceux qui se font sentir, un peu mal aux jambes, souvent le coeur léger, le sourire aux lèvres. L’air de rien.

Hier, j’ai marché pendant les séances du cycle d’Initiation – celui qui n’existe nulle part ailleurs, celui que l’on veut démanteler quelque part un peu plus haut, cet endroit où on ne sait pas – c’était le jour des ateliers parents/enfants, et nous avons marché ensemble, expérimentant le 1+1+1… la place de l’enfant, ah qu’il est difficile de ne pas être le petit chef de la famille pour le père ou la mère, laisser un autre adulte prendre les rennes,

moment de partage particulièrement enrichissant ces séances-là. Éducatives oui, associatives même. Musicales, toujours. Le geste, être dans le geste, de 2 (et oui les petits frères étaient avec nous aussi, coucou S. !) à 74 ans (et oui les grands-mères étaient là avec nous aussi).

Et puis j’ai marché avec une maman complètement perdue avec sa fille, angoissée à cause de la rigidité d’un professeur, humiliée même, écouter, 1+1+1+…, trouver, chercher, proposer des solutions, rendre le sourire, apaiser. C’est ça aussi la marche, tu croises et rencontres d’autres personnes sur ta route, et puis tu tentes des choses. Le geste. Le geste musical, celui dans lequel tu dois être. Et celui que tu dois partager. Se faire entendre tu sais. 

Et puis j’ai marché avec l’orchestre de jazz, 100 personnes dans le public, à applaudir heureux de voir cet orchestre où le 1+1+1+ formé d’élèves adultes, adolescents, enfants, professeurs, professionnels,

on termine le concert avec « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? », ils chantent, nous jouons, chacun est ce qu’il est, et c’est notre temps. Ils tapent dans leurs mains, je joue du cajòn. Ils chantent, l’orchestre nuance.

Oui c’était aussi une forme de marche hier aussi dans la maison. Avec nos élans, quelques idées, nos actes et les utopies misent en mouvement. Le geste. Celui qui fait toute la différence.

Image

(c) A. E.

Certains aimeraient bien faire le geste de démanteler tout cela. J’espère que leur main vide sera stoppée à temps.

Rien n’est moins sûr.

Alors, on continue nos pas, on continue de marcher.

 

Vous venez ?