…un peu de pour tous les jours…

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ce matin , dimanche matin, dans la maison d’alfée…
nous regardions ensemble cette vidéo, écoutions…

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quel dommage de s’adresser ainsi aux seuls chevaliers…

quel mot permettrait de rassembler hommes et femmes, filles et garçons, les êtres humains en général ?

« être humain »…?

être humain…?

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nous regardions ensemble cette vidéo, écoutions…

et la petite discussion qui s’ensuivit…
ce que nous en retenions, ce que nous adapterions, ce que nous adopterions…

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Hum Toks & E.5131

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tu as reconnu les Accords Toltèques…? 😉

Massoud par Reza
Massoud par Reza

…un peu de pulse…

© Olivier Seignette
© Olivier Seignette

Garde ta pulse, trouve ton battement, régulier avance, marche. Dans la maison d’alfée, dimanche. Un dimanche comme un lendemain. Un lendemain de dernier jour. Un dimanche comme un veille. Demain, la maison d’alfée souffle ses deux bougies. Deux ans d’un peu, de partage, de chronique, de marche, de 1+1+1+, de musique, d’art, d’enfance. Deux ans de bleu. Et d’amis. Demain, et le jour d’après, nous continuerons à marcher. Droit devant. Jonas un peu sous l’eau, pliant dans les vents contraires, mais on sait, on a l’habitude, on n’a pas peur. Un pas puis un autre, on marche. Garde ta pulse camarade. Joue avec, et retombe sur tes pieds, le bras fier. On avance. Nouveau chapitre d’alfée, elle veille. Lumière allumée, toujours en alerte. Le long terme est l’allure. Le mouvement est la vie. On marche même lorsque personne n’y croit. Le Pôle Handicap du CMA 19 ferme dans sa forme mise en place depuis la rentrée de septembre 2010. La Ville n’a pas souhaité l’institutionnaliser, pour une nouvelle direction il est devenu un « projet personnel ». Ce qui signifie que si la personne s’en va, le Pôle ferme. Soit. Fermons. Dans la maison d’alfée, si on te ferme une porte, tu cherches la fenêtre. Et tu trouves. Vous venez ?

…un peu de marche, encore

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(c) A. E.

Hier, nous avons marché.

Dans les couloirs, les escaliers, les étages, entre les pianos, les harpes, les clarinettes et les percussions.

Marché debout pour accueillir, courbé pour saluer, assis pour jouer

Ostinato de petits gestes, 1+1+1+…, tempo marcato, sostenuto, lento, plusieurs mouvements

La marche toujours.

Le rythme de la maison d’alfée, depuis maintenant dix ans, les pas qui ne se voient pas, ceux qui se font sentir, un peu mal aux jambes, souvent le coeur léger, le sourire aux lèvres. L’air de rien.

Hier, j’ai marché pendant les séances du cycle d’Initiation – celui qui n’existe nulle part ailleurs, celui que l’on veut démanteler quelque part un peu plus haut, cet endroit où on ne sait pas – c’était le jour des ateliers parents/enfants, et nous avons marché ensemble, expérimentant le 1+1+1… la place de l’enfant, ah qu’il est difficile de ne pas être le petit chef de la famille pour le père ou la mère, laisser un autre adulte prendre les rennes,

moment de partage particulièrement enrichissant ces séances-là. Éducatives oui, associatives même. Musicales, toujours. Le geste, être dans le geste, de 2 (et oui les petits frères étaient avec nous aussi, coucou S. !) à 74 ans (et oui les grands-mères étaient là avec nous aussi).

Et puis j’ai marché avec une maman complètement perdue avec sa fille, angoissée à cause de la rigidité d’un professeur, humiliée même, écouter, 1+1+1+…, trouver, chercher, proposer des solutions, rendre le sourire, apaiser. C’est ça aussi la marche, tu croises et rencontres d’autres personnes sur ta route, et puis tu tentes des choses. Le geste. Le geste musical, celui dans lequel tu dois être. Et celui que tu dois partager. Se faire entendre tu sais. 

Et puis j’ai marché avec l’orchestre de jazz, 100 personnes dans le public, à applaudir heureux de voir cet orchestre où le 1+1+1+ formé d’élèves adultes, adolescents, enfants, professeurs, professionnels,

on termine le concert avec « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? », ils chantent, nous jouons, chacun est ce qu’il est, et c’est notre temps. Ils tapent dans leurs mains, je joue du cajòn. Ils chantent, l’orchestre nuance.

Oui c’était aussi une forme de marche hier aussi dans la maison. Avec nos élans, quelques idées, nos actes et les utopies misent en mouvement. Le geste. Celui qui fait toute la différence.

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(c) A. E.

Certains aimeraient bien faire le geste de démanteler tout cela. J’espère que leur main vide sera stoppée à temps.

Rien n’est moins sûr.

Alors, on continue nos pas, on continue de marcher.

 

Vous venez ?

 

 

…un peu de souffle

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J’avais pris les petites routes jusqu’à Apt. Regardé à droite, à gauche, cherché la sous-préfecture. Cligné de l’oeil avec le soleil pâle de décembre. Les papiers sur le siège du mort. Tout était prêt. Rien oublié. Vingt fois j’avais vérifié le contenu. Les signatures. Les statuts et l’idée force d’universalité. C’est-à-dire, aucune limite, ou alors le moins possible.

Des initiales, un peu de magie, de l’agir et des copains. Alfée était née des terres brûlées. Tout pouvait commencer. C’était l’avenir en marche.

Depuis il y a eu du sommeil, des impossibilités, du temps qui passe, à l’ombre, et puis de plus en plus de lumière, des créations, des conventions, des rencontres formidables, des avancées, un site, du partage, de l’émulation, une précision des choses, de ce qui nous lie,

 

 

 

merci à tous ceux avec qui les événements ont été partagés, pensés, vécus, créés, dépassés aussi.

merci à ceux qui ont rejoint notre maison en construction, toujours, chaque jour, encore un peu plus.

merci à tous les enfants avec qui nous avons joué, avec qui nous jouons encore, avec qui nous jouerons demain.

 

Vous venez ?

On souffle.

Dix bougies.

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@ colin blakely

…un peu de réussite…

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Parfois, on est drôlement content parce qu’on réussit.
Après la supervision d’hier, a été décidé qu’après trois ans d’atelier hebdomadaire, deux petits du Pôle Handicap seraient intégrés en classe d’éveil musical « ordinaire » au CMA à la saison prochaine.
Pathologies traitées : dépression profonde d’une enfant de trois ans, et mutisme sélectif ouvrant à une inhibition profonde d’un petit garçon de 4 ans.
« Vous l’avez retourné, m’a dit le psychiatre chef du secteur Nord-Est parisien. Vous êtes devenu sa langue d’accueil, une seconde langue maternelle. »
C’est parce que je travaille avec des infirmiers, en lien avec les familles. C’est aussi parce que l’atelier fait partie du protocole de soin. C’est parce qu’après huit ans de ténacité, un conservatoire nous a ouvert les portes. C’est parce qu’il y a eu alfée. C’est sûrement parce qu’il y a eu, une trajectoire, une petite sœur, une colère, des évidences.

Un jour, nous pouvons quitter la sphère du soin et poursuivre, finalement le même travail, dans la sphère « ordinaire » comme ils disent.
Juste nous continuons. Ensemble.
C’est pour cela qu’alfée doit continuer. Une passerelle qui mène à la maison. En chantant, en jouant, dans sa singularité.
La musique pour tous. Ce serait bien aussi.

 

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crédits photographiques : unknown et Esther Kä

 

 

…un peu d’éveil incertain…

Un peu de carcasse rouillée, d’aspérités noueuses mais pas seulement.

Nous sommes samedi, jour de l’éveil musical.
Sur le retour, j’emporte avec moi la lumière de leurs secrets confiés, une confiance, leur plaisir à découvrir, leur attention concentré entre le regard et l’oreille, le toucher et le savoir. Ils ont entre 4 et 7 ans.

On ne s’ennuie pas : on écoute. On ne parle pas : on joue. On ne commente pas : on fait.
Et entre tout ça, on se regarde parce qu’on est ensemble. Et que ce n’est pas une idée vaine, c’est notre réalité.
Celle qui paraît improbable à beaucoup, encore plus chez les politiques et les faiseurs de machins insensés.
Pourtant, l’éveil musical est ce qui ouvre et prépare le public de demain (entre autres choses). Un espace de liberté qu’il serait désolant de voir disparaitre de l’enseignement artistique de la Ville comme il en est fortement question en ce moment.

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(crédit photographique : unknown)