…un peu d’andalouse, un matin au Pôle Handicap

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Federico Garcia Lorca au piano,

 

Un matin comme un autre, au Pôle Handicap :
On fera de cette journée une balade andalouse (retrouver ma robe rouge), chanter pieds nus sur le plateau, faire du tissus bleu chatoyant les reflets du soleil dans la Méditerranée, donner le rythme du vent, entendre le rire de T. dans la mélopée, retrouver sa langue maternelle, s’ouvrir au monde, pieds nus dans l’eau, un tambourin en cadence, léger, le triangle comme l’ostinato de nos cavalcades, et nos voix, comme nos pieds, libres. A l’abri du monde.

 

 

sur Le Jour Dénudé, aussi, L’ire nue 13, avec Garcia Lorca

…un peu de bleu, un tissu…

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Un tissus bleu chatoyant, vibrant de reflets.

Il est reflets dans la conduite lumière du plateau où nous jouons,

il est océan, étang, ciel et souligne nos jeux de doigts,

et puis surtout, il est notre petit espace créé par nous dans le grand auditorium.

On tourne autour, on s’assied en prenant soin du taffetas, on le froisse quelques fois, on écoute.

On retire les plis, on apprend à ne pas le piétiner. C’est notre chez nous.

Oui on en prend soin.

Et ainsi, on prend aussi soin de nous. Et on chante.

On : pronom indéfini représentant un petit orchestre d’enfants porteurs de handicaps mentaux mais pas seulement, d’inhibition profonde, de psychoses souvent, certaines deviennent névroses, on chante, on joue, on se parle.

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L’atelier d’alfée fait partie du protocole de soin de certaines structures de l’Hôpital de Maison-Blanche (Paris) : jardin thérapeutique, institut médico-éducatif, hôpital de jour

et aussi de l’Areram et du Sessad Mosaïque (Paris).

Nous espérons, bientôt, collaborer avec d’autres.

Vous venez ?

(crédits photographiques : Agathe Elieva pour alfée compagnie)

…un peu de corde à l’âme…

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Yehudi Menuhin et Ravi Shankar,

ou l’universalité de la musique.

Dans la maison d’alfée, nous avions un rendez-vous important hier. A l’inévitable question : « mais prévoyez-vous d’enregistrer les enfants pour que nous puissions, nous thérapeutes, avoir un aperçu du résultat produit ? » nous avons répondu :

« Nous préférons la musique vivante. Par notre formation, nous nous inscrivons notamment dans la ligne de Sergiù Celibidache. Nous avons été nourris par de grands musiciens comme Menuhin, toujours en recherche, toujours à la découverte, toujours en mouvement vers les autres, dans cette idée étrange que la musique pouvait rassembler. Alors venez avec nous, jouez avec nous, organisons des séances ouvertes à tous, nous vous apprendrons alors ce que nous créons à chaque rencontre. »

Il semble que cela soit en bonne voie.

Il semble qu’il y ait quelques portes qui s’ouvrent de nouveau pour alfée.

…un peu d’une nuit sur le jardin du monde…

Une nuit sur le jardin du monde

Les 31 mai et 1er Juin auront lieu les Journées Culturelle de la Petite Enfance.

Alfée y participe avec deux représentations du conte musical, construit autour des berceuses : « Une nuit sur le jardin du monde » (commande de la Ville de Paris).

Chantés et accompagnés par les enfants du Conservatoire.
Direction musicale et récitante : Agathe Elieva

…un peu de chaise musicale…

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Chez alfée, il y a des chaises de toutes les couleurs.
Parfois on y dépose un petit instrument et on joue.
C’est comme notre variation du jeu des chaises musicales où il n’y aurait jamais de perdant ni de gagnant non plus d’ailleurs.
Juste on joue.
Et puis on se déplace à son rythme.
Parfois, on ne se déplace pas.
Parce que parfois l’enfant ne peut pas marcher. Alors, il roule, dans son fauteuil. Quelques fois, c’est l’éducatrice qui l’aide.
Peu importe, on joue.

(design de Friso Kramer, exposition à la Galerie Catherine Houard)

…un peu de conte…

...un peu de conte...

Aujourd’hui, chez alfée, on prépare et peaufine les visuel et programme d’Une nuit sur le jardin du monde (commande de la Ville).
Représentation du 1er juin, dans une version du conte remanié pour les enfants des classes d’Initiation (6 et 7 ans). Ils chanteront et nous emporterons sur le plateau, notre petit orchestre de bâtons de pluie, perles aquatiques, lames sonores et sanza.

« (…) C’est comme la préhistoire d’Ombeline. Et j’apprends avec elle. Apprivoiser le silence de la maison, le silence de la ville, le silence du monde. C’est au-dedans de ma voix que je peux suggérer ses rêves, la douceur de ses rêves, la tendresse de ma voix, la consolation de nos rêves.

Je donne mes sons à Ombeline, la vibration de ma voix que je fais douce pour qu’elle grandisse sans peur. Joues rondes, cheveux de soie, fossettes de la main. (…) »

Tableaux : Tomoko Furukawa
Livret et conception musicale : Agathe Elieva